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26 octobre 2016 - 06:58

Bois d'oeuvre : les industriels ne s’attendent pas à des cadeaux

Mario Pelletier

Par Mario Pelletier, Journaliste

Gérald Baril est directeur au développement des affaires du Groupe Lebel qui possède sept usines de bois d’œuvre résineux dans l’Est du Québec. «Les Américains n’ont pas un bon dossier entre les mains, mais ils vont utiliser tous leurs moyens pour étirer les délais et nous forcer à accepter une entente», a-t-il commenté.

L’Accord sur le bois d’œuvre résineux est venu à échéance le 12 octobre 2015, mais une disposition de statu quo a été en vigueur pendant 12 mois, empêchant les Etats-Unis d’imposer des droits antidumping ou des droits compensateurs. Le gouvernement fédéral tente de conclure un nouvel accord pour l’industrie forestière canadienne.

«C’est un dossier très important que l’on suit avec attention. À court terme, il n’y aura pas d’impact négatif, la coalition américaine n’a pas encore déposé sa plainte. Par la suite, un processus d’enquête suivra son cours, ce qui nous amènera vers le mois de mars. D’ici là, il n’y aura pas de taxe imposée. Mais c’est un dossier à haut potentiel de problèmes», a poursuivi le porte-parole du Groupe Lebel.

L’entreprise familiale œuvre dans le domaine forestier depuis 60 ans. Dans le secteur du bois d’œuvre résineux, elle possède des usines à Saint-Joseph-de-Kamouraska, Dégelis, deux à Squatec, Biencourt, Price et Cap-Chat. «Un bon pourcentage de notre production est exporté aux Etats-Unis», a souligné M. Baril. Groupe Lebel est présent dans onze municipalités du Québec, dont son siège social à Rivière-du-Loup, trois de l’Ontario et deux des maritimes. L’entreprise forestière, grâce aux activités de première, deuxième et troisième transformations, emploie aujourd’hui 650 personnes. Elle possède maintenant 10 familles de produits forestiers dans les quincailleries.

NÉGOCIATEUR EN CHEF

Le Québec possède son propre négociateur en chef dans ce dossier. Nommé par le gouvernement pour représenter les intérêts québécois, Raymond Chrétien, s’attend à des négociations très difficiles avec Ottawa et la partie américaine. La tâche de l’ex-ambassadeur du Canada aux États-Unis sera de faire reconnaitre le nouveau régime forestier québécois de façon à obtenir une exemption de taxes et de quotas pour l’industrie forestière.

Pour sa part, le ministre des Forêts du Québec, Luc Blanchette, pense que plusieurs fenêtres d’opportunité s’ouvriront au cours des prochains mois pour faire valoir les intérêts de la province, soit avant l’élection américaine et une autre entre l’élection et l’assermentation en janvier. Selon M. Blanchette, les premières mesures temporaires imposées par les Américains pourraient être mises en place en mars 2017. Par la suite, il y aura, entre septembre et décembre, une mesure qui pourrait devenir définitive.

«Actuellement, nous sommes un peu dans l’inconnu, dans le spéculatif. Une chose est cependant certaine, les Américains ne seront pas doux avec nous», a conclu Gérald Baril, directeur au développement des affaires du Groupe Lebel.

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