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20 septembre 2016 - 12:42

Les pompiers de Kam Est font don de leur salaire

Refusant d’être payés pour leur intervention sur le site de l’incendie tragique de la Résidence du Havre à L’Isle-Verte en 2014, les pompiers du Service de sécurité incendie Kam Est se sont offerts un véhicule côte à côte et trois défibrillateurs pour en faire bénéficier la communauté. 

Lorsqu’ils sont venus en renfort à leurs confrères pompiers sur le site de cet incendie qui a marqué le Québec et qui a causé la mort de 32 personnes âgées, les pompiers de Saint-Alexandre, Saint-Joseph et Saint-André souhaitaient déjà y aller bénévolement.

«Lorsque j’ai contacté les membres des casernes pour savoir s’il y avait un intérêt à s’y rendre volontairement, les messages rentraient par dizaines», se souvient Robin Laplante, directeur du service. 

Ils auront été environ 25 à s’y rendre pendant une semaine, pour des nuits de garde et des participations aux recherches le jour. Certains ont pris une semaine de congé de leur employeur ou ont fait plusieurs nuits blanches. 

Les pompiers volontaires ont d’ailleurs été récompensés d’une certaine façon pour leur professionnalisme et leur décorum. «Le dernier jour, quand ils – la Sûreté du Québec – nous ont appelés parce qu’ils nous avaient choisis pour venir en support lors de la journée de reconstitution, je dois admettre que ça nous a fait un petit velours.» En effet, si l’expérience a été difficile pour plusieurs étant donné l’ampleur de l’incendie et les pertes humaines, assister à ce type de travail d’envergure a été apprécié des pompiers passionnés de ce métier.

11 000 $

Peu de temps après l’incendie, le gouvernement a demandé au Service de sécurité incendie Kam Est de calculer, à titre informatif, combien aurait coûté leur participation sur le site. Finalement, grâce à un programme financier, le gouvernement a décidé de remettre un peu plus de 11 000 $ au regroupement de trois casernes.

«À l’unanimité, les pompiers ont décidé de ne pas prendre cet argent et d’en faire bénéficier la communauté», précise Robin Laplante.

Leur choix s’est arrêté sur un véhicule côte à côte qui peut être utilisé presque partout et à l’année. «Nous avions le traîneau d’évacuation et on s’arrangeait avec une motoneige ou un quatre-roues, mais c’est beaucoup plus efficace avec ce nouvel équipement.» La Municipalité de Saint-Alexandre a pour sa part fait l’achat d’une remorque pour transporter cette nouvelle acquisition.

Avec les montants restants, trois défibrillateurs automatisés ont été acquis pour chacune des casernes. «Ce n’est pas un luxe de nos jours. Avec les nombreux accidents sur l’autoroute 20 et la route 289, il arrive la moitié du temps que nous arrivions sur place avant même les ambulanciers. Si un défibrillateur permet de sauver au moins une vie, ça vaudra le coup c’est certain», ajoute Robin Laplante. 

Celui-ci a tenu à souligner le bon coup de ses pompiers et en profitait également pour saluer l’écoute des élus qui travaillent dans le même sens pour le bien de l’unité, qui comprend trois villages aux réalités parfois différentes. 

TEXTE : Stéphanie Gendron, Le Placoteux 

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