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2 septembre 2016 - 06:56

Le parcours inspirant d’Annie Dumont

Francois Drouin

Par Francois Drouin, Journaliste

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Certaines rencontres, bien que brèves s’avèrent parfois inspirantes. Des gens que l’on connait à peine deviennent source d’inspiration. Annie Dumont est l’une d’elles.

Assise à la table des Cuisines Collectives du Carrefour d’Initiatives populaires de Rivière-du-Loup, Annie Dumont âgée de 38 ans a accepté de se livrer, de parler de son cheminement qui l’a conduit à réintégrer la société et le marché du travail. Une histoire de cuisine atypique.

Sans emploi, se sentant isolée, Annie a fait fie des préjugés, des limitations et des qu’en dira-t-on, en se présentant au Carrefour d’Initiatives Populaires. «Je voulais sortir de chez moi, voir des gens et surtout, apprendre à cuisiner.» Elle y viendra pendant près de huit ans.

Les cuisines ne lui ont pas seulement offert des techniques et des recettes, mais l’organisme lui a permis de prendre confiance en elle. «Au Carrefour, on rit, on est un groupe ensemble. Je me sentais bien. J’ai appris à cuisiner comme ça. Ensuite, j’ai commencé à aider les nouveaux», raconte Annie.

CONFIANCE

Forte de cette nouvelle confiance, la jeune femme a réalisé qu’elle avait sa place en cuisine et qu’elle pourrait y gagner sa vie. Il y a deux ans, Annie Dumont s’est trouvé un emploi à la cafétéria de l’usine de Viandes duBreton de Rivière-du-Loup qui est administrée par Thérèse Beaulieu.

«Annie apporte de l’aide, à la préparation des mets, à la coupe de légumes, à la vaisselle. Son sourire est contagieux, elle est rayonnante, toujours heureuse. Elle s’est dégênée. On l’apprécie beaucoup», a mentionné Mme Beaulieu qui prend plaisir à guider et épauler Annie.

EMPLOI

Cet emploi, sa nouvelle vie, c’est son petit bonheur. Comme une confiserie que l’on déballe un soir de fête. Une sucrerie que l’on est incapable de garder pour soi, trop heureux de le partager. Les yeux pétillants, mais le regard gêné, Annie le raconte à sa façon. En peu de mots, mais toujours avec ce sourire radieux qui la caractérise.

«Au début, aux Cuisines Collectives j’étais gênée. J’ai rencontré des gens et j’ai commencé à aider. Je voulais travailler en cuisine, puis j’ai commencé ici, à la cafétéria chez duBreton. Mes collègues me respectent et je les apprécie. C’est important pour moi. Ça fera deux ans en janvier que je travaille ici deux jours par semaine.»

Lorsqu’on lui demande ce qu’elle a retiré des Cuisines Collectives, son visage s’illumine. «L’autonomie !», répond-elle sans détour.

ANNIE

«Pour nous Annie c’est un soleil. Elle nous a apporté beaucoup. Son histoire, comme celles d’autres membres, est inspirante. C’est un peu ça l’histoire du Carrefour, des rencontres, des victoires, des dépassements de soi», mentionne Karine Jean, agente de développement du Carrefour d’Initiatives Populaires.

Le cheminement d’Annie Dumont est une réussite en soi. Par des petits gestes empreints d’un courage immense, la jeune femme a su briser la solitude, aller chercher son autonomie, celle qui lui manquait pour s’émanciper, pour participer à la collectivité. Les voilà les victoires d’Annie. S’il n’existe pas de médaille pour ce genre de victoire, son sourire, lui, est d’or !

 

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