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28 juillet 2016 - 06:58

À l’abri d’un séisme à Rivière-du-Loup?

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

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La zone sismique de Charlevoix-Kamouraska est la plus active de l’Est du Canada. Des centaines de petites secousses ont lieu chaque année dans la région entre la Malbaie et Rivière-du-Loup, sans toutefois causer de dégâts. Il n’est toutefois pas exclu qu’un séisme plus important s’y produise.

Le plus récent tremblement de terre dans la région de Rivière-du-Loup remonte au 6 mars 2005. D'une magnitude de 5,4 sur l’échelle de Richter, il avait causé des dommages matériels mineurs. Les secousses d’un séisme sont ressenties à partir de la magnitude 3.

«Il n’y a pas de signes avant-coureurs qu’un séisme va se produire. Dans la région, il y a un potentiel pour de plus forts séismes à l’avenir, mais on ne peut les prédire à court terme», a expliqué Maurice Lamontagne séismologue à la Commission géologique du Canada.

Ce dernier confirme que certains types de sols sont plus propices à amplifier les ondes sismiques. Les bâtiments situés sur une terre argileuse ou de remplissage risque donc de subir plus de dégâts que les constructions situées sur un fond rocheux.

Le Centre hospitalier régional du Grand-Portage a par ailleurs dû effectuer une importante mise aux normes relativement au Code national du bâtiment à cet effet. Environ 11 M$ ont été investis en 2013 pour le renforcement sismique du bâtiment.

«Tous les nouveaux bâtiments qui sont construits ou tous les anciens bâtiments dont la structure est modifiée, il faut que les architectes respectent le Code. Le 108, rue Fraser et le Centre Premier Tech en font partie et sont construits avec les nouvelles normes parasismiques», a expliqué Georges Deschênes, coordonnateur adjoint aux mesures d’urgences de la Ville de Rivière-du-Loup. Les rénovations prévues à l’édifice Rosaire-Gendron devront également tenir compte de cette réalité.

 «Les hôpitaux et les écoles ne doivent pas s’effondrer en cas de séisme, c’est pourquoi il faut remettre les bâtiments aux normes et faire du renforcement sismique. Le risque est interprété selon le type de sol et de structure. L’isolement pour les conditions hivernales vient ajouter de la résistance aux tremblements de terre», ajoute Martin Pelletier, géologue au Laboratoire d’expertises de Rivière-du-Loup. 

PRÉPARATION EN CAS D’URGENCE

La Ville de Rivière-du-Loup peut compter sur un comité d’urgence muni d’un plan d’action se déclinant en 14 volets, selon le type de sinistre qui survient. «Le prochain séisme sera de quelle ampleur? Je n’ai pas de boule de cristal. On n’est jamais totalement préparé à un sinistre. On fait avec. On met les équipes en place et on part la machine en prenant les étapes une par une», explique Georges Deschênes. Le secours des blessés, la sécurisation des lieux, l’évaluation des besoins en main d’œuvres, en ressources et la mise en place d’hébergement font entre autres partie de ce plan.

M. Lamontagne rappelle donc l’importance de la préparation individuelle. «On se met à l’abri sous un bureau, une table solide. Il faut préparer une trousse de premiers soins et avoir accès à des bougies et une lampe de poche. Il n’est pas rare que les séismes causent des coupures de courant».

POURQUOI PRÈS DE CHARLEVOIX?

Bien que certains attribuent ces secousses à la faille de Logan, il semblerait que l’origine des séismes se trouve plus profondément dans le Bouclier canadien, sous le fleuve Saint-Laurent. On y retrouve un amas de fissures, affaiblies également par une météorite qui a percuté la région de Charlevoix il y a environ 350 millions d’années. Pour le séismologue Maurice Lamontagne de la Commission géologique du Canada, «il est difficile de mettre le doigt sur la raison principale des séismes».

Entre 1978 et 2012, les 7 sismographes dans la région ont enregistré 5 000 tremblements de terre, dont 86 d’une magnitude de plus de 3 sur l’échelle de Richter, 13 d’une magnitude plus de 4 et 2 qui se classaient à plus de 5 sur cette échelle. Le 25 novembre 1988, un tremblement de terre d’une magnitude de 6,2 avait frappé au Saguenay.

Il est possible de suivre l’activité sismique enregistrée par le sismographe situé à Saint-André de Kamouraska en direct sur le site internet de Séismes Canada, en suivant le lien suivant. http://www.seismescanada.rncan.gc.ca/stndon/wf-fo/index-fr.php?channel=A21.HHZ

Les mesures à suivre en cas de tremblement de terre sont disponibles sur le site web de la Sécurité publique du Québec au http://www.securitepublique.gouv.qc.ca/securite-civile/se-preparer-aux-sinistres/sinistres/tremblement-terre.html.

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1 réactionsCommentaire(s)
  • La zone sismique qui suit le St-Laurent, la faille de Logan, et les + de 800 rivières qui seront traversées par l'oléoduc Energie Est, si ce dernier voit le jour, mettra en danger toute la vie économique du Québec, puisque plus de 80% de sa population vit entre ses Rives.

    André Mainguy - 2016-07-28 19:44