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21 mai 2016 - 14:21

Notre-Dame-du-Portage perd une partie de son histoire

Andréanne Lebel

Par Andréanne Lebel, journaliste

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La Municipalité de Notre-Dame-du-Portage a vu l’un des importants bâtiments de son patrimoine bâti détruit le 10 mai. La résidence située au 720, route du Fleuve a été démolie par ses propriétaires, alors qu’ils disposaient d’un permis de rénovation.

La demande de démolition de la Maison Boucher-April effectuée auprès du conseil avait été refusée selon le Plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA), qui protège entre autres les résidences situées sur la route du Fleuve, à Notre-Dame-du-Portage. «C’est du cas par cas, ça dépend de l’environnement du bâtiment, de l’inventaire patrimonial», a expliqué le maire de Notre-Dame-du-Portage, Vincent More.

RÉNOVATIONS NÉCESSAIRES

Ce dernier convient que des rénovations importantes devraient être effectuées au 720, route du Fleuve. Le propriétaire, Sébastien April, soutient que la structure de la résidence était complètement détériorée. «Cette maison n’a jamais été habitée l’hiver depuis 1950», a-t-il commenté.  «La maison qui sera construite sera exactement une réplique de ce qui était là. Les critères du PIIA seront respectés. Je ne souhaite pas blâmer le conseil, mais il y avait une zone grise dans le PIIA», a souligné Sébastien April.

Le permis de rénovation délivré aux propriétaires ne permettait toutefois pas la démolition. «Nous voulions faire un travail de collaboration avec eux. On a été estomaqués quand nous avons appris que la maison avait été jetée par terre», a raconté M. More.

UN BÂTIMENT DU 19e SIÈCLE

Cette demeure de style Second Empire avait été construite aux alentours de 1850. Luc April l’a acquise d’Ovide Boucher en 1888. Elle a ensuite été la propriété d’Eugène Marquis et est demeurée dans cette famille pendant 63 ans.

«On veut sensibiliser les gens à l’importance du patrimoine bâti de Notre-Dame-du-Portage, c’est dommageable pour l’histoire, on ne peut pas contrevenir aux règlements et aux permis comme bon nous semble», a renchéri la conseillère Emmanuelle Garnaud.

À la lumière des événements, le conseil municipal entend travailler à renforcer les amendes pour décourager les gens à faire de telles modifications sans autorisation. Pour le moment, le propriétaire se verra imposer une amende de 1 000$ pour avoir contrevenu au règlement.

Il ne s’agit pas de la première demeure patrimoniale qui disparaît de la municipalité. Depuis l’inventaire du patrimoine bâti de 1989-1990, le 475, 484 et le 507, route du Fleuve ont disparu. Plus d’une douzaine des maisons répertoriées dans un bilan de la MRC en 2012 ont été transformées à différents degrés. Deux maisons ont particulièrement été modifiées soit par des agrandissements, soit par le changement de revêtement, altérant le caractère patrimonial de l’édifice.

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