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14 avril 2016 - 15:16 | Mis à jour : 18 avril 2016 - 21:50

Premier Tech réagit aux affirmations de la CAQ

Francois Drouin

Par Francois Drouin, Journaliste

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Rivière-du-Loup – Depuis la diffusion du reportage d’Enquête sur les ondes d’ICI Radio-Canada, concernant une série de courriels aux apparences de lobbyisme illégal, le triumvirat formé de Marc-Yvan Côté, de la direction de l’entreprise Premier Tech et du ministre Sam Hamad est au cœur de l’actualité politique. Cette fois, ce sont des allégations de la Coalition Avenir Québec (CAQ) qui forcent l’entreprise à réagir.

Selon ce qu’avance la CAQ, le ministre de l'Environnement, David Heurtel, aurait accordé ni plus ni moins qu’un traitement de faveur à Premier Tech en adoptant en 2014 un règlement sur les fosses septiques venant modifier la distance permise pour l’installation des champs d’épuration traditionnels près des cours d’eau et des nappes phréatiques.

Le parti politique tisse donc un lien entre cette décision favorable au profit de Premier Tech, dont Marc-Yvan Côté était vice-président du conseil d’administration, jusqu’à son arrestation en mars dernier par l’UPAC. «Le ministre de l’Environnement, David Heurtel, a octroyé un monopole temporaire à Premier Tech», soutient la CAQ.

La CAQ se base notamment sur un texte du Journal de Montréal, publié le mercredi 13 avril, rapportant un échange de courriels datant de 2008, entre Marc-Yan Côté et André Côté, ex-vice-président de Roche, précisant que «tout est organisé» avec le grand patron de Premier Tech. André Côté indiquait pour sa part qu’il voulait financer la campagne du député libéral Germain Chevarie, dont le frère est conseiller municipal et «pousse notre projet de traitement des résidences isolées depuis le début».

Le leader parlementaire caquiste, François Bonnardel, a indiqué que le gouvernement Couillard a mis fin à cette situation de monopole la semaine dernière, alors que Sam Hamad était au centre d’une controverse impliquant, Marc-Yvan Côté, le ministre Sam Hamad et Premier Tech.

PREMIER TECH

En mode réaction depuis les dernières semaines, Premier Tech a une fois de plus réagi par voie de communiqué, dont le titre est «Premier Tech rappelle la CAQ à l'ordre».

Cette dernière souligne son rôle de leader mondial dans le domaine des eaux usées, et qui plus est, se veut l’une des seules entreprises à avoir massivement investi dans la recherche sur la problématique des algues bleu-vert en réduisant l’apport de phosphore dans les lacs et les cours d’eau.

«Cette technologie d’avant-garde vise à assurer la protection des prises d’eau potable de nos municipalités et répond à la règlementation introduite en 2000 par le Parti Québécois, dont M. Legault (aujourd’hui chef de la CAQ) était ministre», peut-on lire.

«Premier Tech aurait-elle à se sentir coupable d’avoir dans son équipe le personnel doté des compétences et connaissances qui lui ont permis de rencontrer avec succès en 2013 les normes et tests de certification du Bureau de normalisation du Québec en la matière?» questionne l’entreprise.

HEURTEL

David Heurtel a nié en bloc les prétentions de la CAQ. «Ça n’a absolument rien à avoir avec les systèmes de déphosphoration. Ça parle de tableau de zone réparatrice et des distances minimales liées aux rejets d’eaux. Alors il ne peut pas y avoir de coïncidences insinuées de la sorte», a-t-il argué.

M. Heurtel a invité François Bonnardel à un peu plus de retenue. Selon le bureau du ministre, la technologie développée par Premier Tech, le DpEC, a été homologuée une première fois en 2012, et non comme le prétend la CAQ, en 2014.

 

 

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